Dis le lui (L).

Dis le lui (L).
Introduction:

Tu n'as plus qu'à lui dire. A lui confier qu'il est l'homme de ta vie, que vous avez déjà fait un bout de chemin ensemble & que tu ne veux pas tomber dans ce gouffre qui s'ouvre à toi. Si tu ne le veux pas, alors souris-lui & ferme ta grande gueule. Et je crois bien que tu sais le faire ça. C'est tout ce dont tu sais faire à vrai dire. La bise, la bise, juste une. Je t'en prie. Ca n'est pas grande chose ? Si. Bon à la prochaine. Un café, un sourire, une porte. Et puis tu l'as claqué & désormais tout en nous s'est refermé. Tu oublies & puis c'est tout. Après tout, tu as l'habitude.

# Posté le jeudi 13 décembre 2007 13:52

Modifié le samedi 05 janvier 2008 12:02

Chapitre I: C'était il y a longtemps, bien trop longtemps...

Chapitre I: C'était il y a longtemps, bien trop longtemps...
Une table ronde, une cigarette entamée, un café encore chaud & puis moi dans ce bar d"A côté". Comme chaque samedi matin, je viens ici recasser mon passé de haut en bas. Cependant, ce jour est un peu différent. Je vais le voir, ce jeune homme qui de jours en jours compte de plus en plus pour moi. Il m'est devenu comme indispensable. Lila me dit que ce mot est bien trop fort, notamment à son égard. Mais pour moi, ça n'est encore point assez. Je m'appelle Maria, j'ai tout juste vingt-deux ans & un chien. Je suis brune & non pas blonde à forte poitrine. Une pointe d'humour dans ce vieux journal de ma grand-mère ne peut pas faire de mal. Il est 10h42 exactement & dans moins de 3h45, j'ai rendez-vous avec mon enfance. C'est une histoire à en perdre la tête, à vrai dire.
Tout commença par cinq années consécutives en école élémentaire. Nous tombions toujours dans les mêmes classes, à croire que nous étions déjà fait l'un pour l'autre. Nous étions si jeunes & si cons à la fois. Il m'aimait tellement & cela au point de me courir après en criant mon prénom à tout va & en me jetant des « Je t'aime » en pleine figure. J'en devenais rouge, rouge comme la soupe à la tomate de Mamy Poussy. Et puis moi aussi je l'aimais. Je l'aimais profondément, démesurément, infiniment & même beaucoup trop peut-être. Plus le temps passait, plus je ne pouvais m'en séparer. Il comptait tellement à mes yeux. Notre belle enfance était devenue une routine : La cloche sonnait, on se souriait, il me donnait une bise & partait jouer avec Léo. Chaque matinée & chaque soir, toujours la même rengaine. Une rengaine dont je ne pouvais d'ailleurs pas me lasser. Il fut un jour, le plus beau pour moi. Un jour, où il vint à moi & me dit : « Tu as de beaux yeux tu sais ! ». Je riais, riais à en perdre haleine. Il était si mignon à mon égard. Ce sont des paroles comme celles-là que je n'avais pu oublier, ce sont les seules qui me restaient de lui.
« - Excusez-moi mademoiselle, avez-vous terminé ?
- Euh, oui. Merci ! Je rêvassais.
- Je vous sers autres choses ?
- Non cela va me suffire je pense. Merci encore !
- Je vous apporte la note d'ici quelques minutes. »

Le temps se poursuivait et passait à grande allure. Nous avions beau courir après lui, il nous filait toujours entre les doigts. Nous avions seize ans à l'époque : seize ans de connerie, seize ans d'amour, seize ans de soutien, seize ans foutues en l'air, seize de merde, oui. L'adolescence nous séparait & cela par tous les moyens. Je me rappelle bien de cette journée de Décembre. Nous avions rendez-vous au Parc Borelli à trois kilomètres de chez nous. J'aurais cru passer un Dimanche hors paire & au lieu de cela se fut un désastre. Non pas à cause de lui ou bien de moi ou alors du nous que nous formions depuis tant de temps. Mais à cause d'un déménagement. Il s'approcha de moi & m'annonça ce que je n'aurais jamais voulu entendre : « Mon père a trouvé un meilleur emploi, mais il est situé en centre-ville. » D'un coup & d'un seul, les larmes sont montées & ont envahi mes yeux au point d'en pleurer comme je ne l'ai jamais fait. Pour la première fois, je lui montrais une faiblesse qu'il n'aurait jamais du voir, jamais. J'aurais tant aimé arrêter le temps afin de me sortir de ce pétrin dans lequel nous nous étions mis. Mais cela m'était impossible. Je me devais rester forte & coûte que coûte, pour lui, pour moi. Il me prit dans ses bras & me serra fort, plus que jamais. Je me sentais si bien à ses côtés. Je sentais son c½ur battre, battre à la chamade. Ensemble & c'est tout. Nos corps étaient réunis & ne formaient qu'un. J'espérais tellement y rester toute ma vie sur ce banc blanc. De se dire que c'était la dernière fois que nous nous sommes vus, ça me donne envie de m'effondrer. Je lui en voulais, oh que oui. J'aurais voulu lui donner une baffe. Mais au lieu de cela, nous nous sommes embrassés. Main dans la main, la gorge nouée, les yeux brouillés, le c½ur défoncé & lèvres contre lèvres, nous nous sommes donnés un dernier baisé & le plus beau à mes yeux. C'était bien mieux qu'avoir un vingt sur vingt en mathématiques, bien mieux que de fumer à en perdre la tête, bien mieux que de boire jusqu'à en oublier tout & par-dessus tout, bien mieux que d'embrasser Hugh Grant sous les lumières de London. Je n'avais jamais été aussi heureuse & si triste à la fois.
« Voilà, cela fera un euro & soixante centimes. »
Ma vie n'avait plus aucun goût, le mot « aimer » n'avait plus aucun sens pour moi. Je ne pouvais me résoudre à une vie sans lui. Lorsque je le voyais, je me mettais à rire, oh que oui. Mais pourtant cela me serrait le c½ur. Il n'était pas comme les autres. Il était la perfection incarnée. Un brin de sincérité, une pousse de bonté, un c½ur d'ange & un humour inégalable. Voila ce qu'il était, il était ma vision de l'homme parfait. Lui seul peut me comprendre, lui seul sait comment je suis en réalité. Il me connaissait sur le bout des doigts. Une enfance & une adolescence ensemble, ça n'est pas rien, tout de même. Alors bien sure que non, Je ne peux pas vivre sans lui & pourtant je l'ai fait, mais avec douleur. Il était ma seule joie, mon vrai bonheur. Il avait des yeux superbes, merveilleux, dont je ne pouvais retirer mon regard. Je n'en avais jamais vu de pareils chez un homme, auparavant. Enfin bon, tant pis. C'est du passé, après tout. L'amour ne se commande pas, d'après Lila. Mais mince, il était si merveilleux. Au début, il me semblait étrange, indifférent des autres. Et puis, je me suis mise à l'aimer. A aimer sa voix, ses paroles, ses yeux & enfin son c½ur. Je l'aime, oui c'est ça. Je l'aime encore. Peut-on savoir comment nous allons réellement vivre notre vie ? Peut-on savoir ce que nous allons devenir ? Lorsque nous lisons un roman, nous avons toujours l'impression de tout connaître d'avance, tout parait si compréhensible, mais dès que nous tombons amoureuse, soi-même, on s'aperçoit que personne ne sait rien & que chacun doit décider pour soi, tout seul. Quand on prend le bonheur par petits morceaux, par petits bouts, par petits moments, on finit par le perdre, comme moi. C'est une vie qui m'est vouée à l'échec, une vie ratée. Je n'avais besoin de rien jusqu'au jour où il est parti. Je dois vivre, il faut que je vive. Dans pas longtemps, j'apprendrai pourquoi je vis, pourquoi je souffre, & alors je saurais ce que signifie vivre. Mais il n'était pas encore temps.
« - Mademoiselle, Mademoiselle.
- Huuummm.
- Mademoiselle, réveillez-vous, réveillez-vous !
- Hein ?
- Oui, vous vous êtes assoupie.
- Quoi ? Quelle heure est-il ?
- Il est 14h26 pour tout vous dire.
- Mince. »

# Posté le mercredi 02 janvier 2008 13:00

Modifié le samedi 05 janvier 2008 11:56

Chapitre II : Mémorables retrouvailles.

Chapitre II : Mémorables retrouvailles.
« Je suis tout simplement & réellement conne. Conne comme personne ne l'a jamais été. Se lever à 8h afin de me préparer tranquillement de façon à ce qu'il me trouve sublimissime & puis finir par m'endormir dans un putin de bar dans lequel j'ai l'habitude de me bourrer la gueule juste histoire d'oublier. Je fous toujours tout en l'air. Je ne comprends pas pourquoi je suis ainsi. La chance venait de tourner & me voila en train de courir à en perdre haleine juste pour être à l'heure au rendez-vous le plus important pour moi. Et me voila qui chiale, je n'arrive plus à me contrôler, c'est fou. Et puis mon mascara qui coule, il ne manquait plus que cela. Je suis à bout, à bout. Il faut que je m'arrête & puis me ressaisisse. Voilà ! »
J'attends. Le tramway ne devrait pas tarder. Il est indiqué qu'il devrait arriver dans deux minutes. Il ne me reste plus que trois minutes. Je ne serais jamais à l'heure. Lila serait là, elle me consolerait, mais elle n'est pas là & c'est bien ça le problème. Lila, ma meilleure amie, la seule qui a su rester à mes côtés, coûte que coûte & cela quoi qu'il arriverait. Sept ans qu'elle me tient par la main, sept ans que je vis pour elle, sept ans que je ne peux m'en séparer, sept ans qu'elle sèche les larmes qui perlent sur mes joues, sept ans qu'elle me remet dans le droit chemin, sept ans que je l'aime. Une amie comme elle, il n'y en a pas des centaines sur Terre. Tu as envie de tout lui confier, sans même chercher à comprendre pourquoi ni comment, sans même vouloir lui demander si elle tiendrait sa langue, sans même douter de ces absurdes paroles. Elle est l'amie dont tu ne te passerais en aucun cas. Elle peut te faire rire comme pleurer. Je me rappelle d'une journée, une journée riche en émotion, si je puis dire. Mes autres amis venaient de me lâcher comme une vraie merde & il ne me restait rien. Cependant, il y avait Lila qui me surpris en pleure. Elle me serra fort dans ses bras, pleura elle aussi à gros sanglots, non seulement parce qu'elle me voyait mal mais aussi parce que son père lui manquait. Je la serrais plus que jamais contre moi, je la voulais à moi, rien qu'à moi, juste un moment. Elle a toujours su être forte cette femme là. Je l'admire, je l'idolâtre. Enfin bon, de toute façon, si elle n'est pas là c'est encore de ma faute. Elle m'avait demandé ou plutôt supplié d'être présente. Je lui avais répondu que « non », je voulais être seule. Au fond, je me rends compte que je ne suis rien sans elle. Nan, Maria, Lila t'a toujours dit de ne croire qu'en toi-même & rien d'autre. Elle n'aime pas que je me dévalorise, elle dit que ça nous fait perdre toute confiance à nous les filles. Je vis pour elle & cela à sa façon. Elle a toujours été là pour moi & réciproquement.
" Ding Dong, Ligne 1 vers Beaujoire."
" Le voila enfin."

J'ai si peur, si peur de le décevoir. On ne s'est pas revu depuis cette séparation, je doute de moi & cela comme toujours. On ne s'est jamais reparlé sauf sur « MSN », ce fichu chat sur lequel tu t'engueules avec n'importe qui, n'importe quand, à cause de n'importe quoi. C'est bien grâce à Lila tout cela. Elle connaissait un ami à lui & a eu l'adresse de mon cher & tendre en un clin d'½il. Je ne sais ce que je serais sans elle, sincèrement. Au début nos conversations n'étaient pas vraiment intéressantes. Elles commençaient par un « coucou » puis se poursuivaient par un « ça va », il y avait une à deux réponses & puis voilà. Et un jour, j'ai pris mon courage à demain. « Alors depuis le temps que deviens-tu ? ». Un petit courage à n'en faire pâlir aucun. Mais bon. Et puis, plus le temps passaient plus je m'attachais de nouveau à lui. On s'échangea notre numéro de téléphone portable & quelques paroles. Mon côté timide refaisait surface puis s'échouait dans des vagues de sourires. Je riais avec lui. Il dépensait son crédit sans même compter. Nous n'étions plus jeunes, ni même cons. Nous avions grandit mais pas forcément oublié Un beau jour, je lui dis : « J'aimerais tellement vous revoir toi, ta bouille & puis ton sourire. » Et il me lança une certaine phrase qui sonna dans mon c½ur avec aisance : « Bien sure, & pourquoi pas ce week-end, samedi 14h35 par exemple ? ». Un « oui » de joie a percuté mes lèvres & un sourire a défilé dans toute ma chambre. Nous avions raccroché & c'étaient les dernières paroles que nous avions échangées. Aujourd'hui, c'est le grand pas. Sur « MSN » nous finissions nos conversations par des « Je t'aime ». Mais je sais très bien qu'ils ne sont pas vrais. Au jour d'aujourd'hui, les « Je t'aime » sont dans toutes les bouches & ne se disent qu'avec habitude & non certitude. Pourtant, tout ce que je lui disais venait du plus profond de mon c½ur. Il me tue mais me fait tant de bien à la fois.
« Arrêt : Parc Borelli. »
Voila, voila. Je vais être confronté à l'amour de ma vie. Je sais bien que je ne sortirai vraiment pas indemne de cette histoire avec lui. A l'issue de nos retrouvailles, il y aura soit un goût amer de déception parsemé de larmes ou bien alors un bonheur sans aucune trace d'amertume.
" Je le vois, il est sur notre banc."
Je m'arrête cinq secondes, me repoudre le visage histoire d'être parfaite & d'une démarche nonchalante l'approche. Je m'assois sur notre banc blanc & puis.

# Posté le vendredi 04 janvier 2008 19:36

Modifié le samedi 05 janvier 2008 11:57

Chapitre III : T'en vas pas.

Chapitre III : T’en vas pas.
« - Raphaël !
- Maria !
- Cela fait si longtemps. Mon dieu, Tu n'as pas changé. Toujours le blondinet aux yeux bleus qui fait craquer ces dames. Toujours l'homme au sourire le plus éblouissant que je n'ais encore jamais vu. Toujours...

Il me coupa la parole & me répondit sans mal :
- Le petit con qui t'aimait comme un fou & qui ne t'a jamais oublié. Celui qui s'est barré sans même penser que tu aurais pu être malheureuse. Le misérable qui n'a su t'embrasser qu'une journée avant son départ.
- Non ! Ca n'est pas ce que j'ai voulu dire. Arrête !
- Tu le pensais & tu as forte raison.
- Mais bien sure que non. Pour moi, tu étais & seras toujours l'homme de ma vie.
- Je ne te mérite pas. Tu vaux bien plus. Bien sure que je n'ai pas changé & que je suis resté tel que j'étais. Mais je m'en veux tellement de t'avoir blessé & déçu.
- Tu n'as fait cela en aucun cas. Pour moi, tu n'avais aucun tort dans l'histoire. Nous étions si jeunes, nous ne savions même pas ce que signifiait le mot « amour ». Il était si dépourvu de sens à notre âge. Aujourd'hui tout a changé. Nous ne sommes pas si différents au fond. Mais ce que je sais, c'est que je t'aime encore. Excuse moi, je ne devrais pas dire des choses pareilles. On vient tout juste de se revoir & moi je me la joue « gamine amoureuse ». Je suis bête, désolée.
- Ne t'excuse surtout pas. Non, non, non. Dis-toi que tout ceci est réciproque. Tu es toujours aussi magnifique. Merde, tout ce temps perdu...

Sa main effleura ma joue avec douceur & alla se poser sur ma hanche. Son autre main se dirigea dans mon cou. Il approcha ses lèvres des miennes & ferma ses yeux paisiblement. Après m'avoir embrassé, il me dit tout simplement & doucement :
- Je t'aime.
Une phrase à laquelle je ne pu répondre que par deux simples mots ou bien même trois ou quatre :
- Moi aussi, mon amour.
Un bonheur bien simple venait de s'installer entre lui & moi. Des sourires approbateurs s'échangeaient entre nous deux. Nous n'osions plus ouvrir la bouche & un silence s'installa. Cependant, je voyais en lui comme un gêne. Je ne comprenais pas. Nous avions tout pour être heureux : Lui & moi. Sans aucune hésitation, je lui dis :
- Mon petit c½ur, je suis si heureuse & cela comme jamais. Je n'aurais jamais pensé que ces retrouvailles auraient pris une telle tournure. Pour moi, tu m'avais oublié. Et tu ne voyais en moi qu'une simple fille sans aucune valeur qui n'était là que dans le but de vivre heureuse. J'aurais pensé que tout cela n'était pas réciproque. Et non ça n'est pas le cas, tu m'aimes & je t'aime. C'est tout ce dont je désirais, il faut que tu le saches. Cependant, je vois en toi une sorte de mépris. Tu n'as pas l'air aussi heureux que moi. Qu'as-tu Raphaël, dis-le moi !
- Chou, le problème ça n'est pas toi.
Je sentais monter en moi des sanglots de larmes. Il ne m'aimait pas ? Je ne savais plus où nous en étions, ça me poussait à crier mon désespoir. Il continua ainsi :
- Il faut que je te dise quelque chose que j'aurais du te dire dès le début de nos retrouvailles.
- Quoi, qu'est-ce que tu aurais du me dire...
- Je n'habite plus à Nantes depuis mes 18 ans. Cela fait quatre années que je suis installé à Angers. Et le problème c'est bien ça. Je veux être à tes côtés chaque heure, chaque minute, chaque seconde afin de te voir vivre & cela pour de bon. Chaque journée de ma vie je veux les vivre avec toi & personne d'autre. Tu es la femme de vie, celle pour qui je vivrais sans même savoir si elle le vaut ou non. Tu comptes énormément à mes yeux. Tu connais tout de moi, de mon enfance à mes jours heureux. Je ferais tout, tout pour revenir vers toi, crois-moi. Crois-moi.

Je ne savais que lui répondre. J'étais à la fois abasourdie & puis triste. Notre histoire venait à peine de reprendre son cours. Et moi, je n'avais toujours qu'une seule envie, le prendre dans mes bras. Et c'est ce que je fis en une minute à peine. Il m'aimait & pour moi, c'est tout ce qu'il comptait. Il me prouvait une nouvelle fois qu'il était celui qu'il me fallait.
- Je te chérirai & cela au-delà de ma mort. Je te crois comme jamais. Reviens à Nantes. Promets moi que tu y reviendras & pour moi. Je t'en prie.
- Sans aucun doute. L'été prochain je m'installe à Nantes.
- Il me faudra attendre.
- Chaque week-end je ferais en sorte d'être ici. Nos rendez-vous seront les suivants : Samedi 14h35 Parc Borelli.
- Promis. Allons marcher un peu & dis moi ce que tu deviens.
- Après mes 18 ans, j'ai du filé à Angers pour y faire mes études scientifiques. Tu sais je veux être un de ces experts à Manhattan qui se fait bien chier dans son labo' juste histoire de trouver des indices sur une mort incertaine. Voilà, c'est ce que je veux être. Là bas, je me suis fait un ami qui s'appelle Marc.
- Et Léo, qu'en as-tu fait de ce jeune homme ?
- Et bien après avoir déménagé je n'ai plus eu de contact de lui. C'est triste à dire mais c'est ainsi. Et toi, parles-moi de toi & de ta vie, ici.
- Je suis toujours la même. Je suis en fac de lettre & j'écris un livre, enfin un journal intime.
- Oh & que raconte-t-il ?
- Ma vie enfin la notre, du début jusqu'à la fin. Je me mis à rire parce que je savais que notre histoire ne pouvait avoir de fin.
- Maria, Je crois bien que... Non rien.
- Allez crache le morceau, mon c½ur.
- Je crois bien que je t'aime. Je t'aime plus que la pluie aime son nuage, plus que les français aime New York, plus que personne n'a jamais aimé quelqu'un.
- Je t'aime, ça va de soi. Mais le plus incroyable c'est que j'aimerais que ce tour dans ce magnifique parc, enfin dans notre parc, ne s'arrête jamais. Tu entends : jamais.
- J'aimerais tellement, mais ce soir je dois reprendre le train. Mais n'oublies surtout pas qu'en Juin prochain nous serons de nouveau réunis & rien ne pourra nous séparer, rien.
- Je t'aime mon chéri.
- Moi aussi, mon c½ur.

Et puis nous continuions à vagabonder main dans la main. Nous n'écoutions rien en dehors. Il n'y avait rien d'autre d'important seulement nous. Egoïstes que nous sommes. Je l'aime, merde, merde, merde. Tout au bout de mes rêves, il sera. Le temps passa tellement vite. Une journée que je ne pus oublier. Il était 20h48 et son train partait vers 21h02. Nous avons donc pris ensemble le tramway. Nous ne parlions plus, nous nous serions dans les bras juste afin d'immortaliser cette si belle journée. Arrivés à la gare, je me mis en larme, c'est pathétique je le sais. Mais je suis ainsi. Je suis nulle.
- Voilà de quoi tu te souviendras : de moi en pleure, la gueule horrible. Ne te dis surtout pas que j'ai passé une très mauvaise journée bien au contraire. Elle était plus que magnifique.
- Je me souviendrais de cette journée mémorable. Je t'aime, je t'aime, je t'aime & jusqu'au bout du monde je t'aimerai. Bordel de train qui arrive. Il est 21h, je dois monter mon amour. N'oublie rien, rien de ce moment que nous avons partagé. Rien !
- Je te le promets, chéri.
- A samedi.
- A jamais. »

Il me serra une dernière fois dans ses bras. Je me sentais en sécurité. Un coup de sifflet retentit. Il fut obligé de monter. Il se poste à la porte du train juste histoire de ne pas perdre les dernières minutes qu'il nous restait. Il me cria un « Je t'aime », qui ne sortait pas de l'ordinaire, juste avant que la porte lui claque au nez. Je pleurais encore mais lorsque je l'entendis un sourire vint se poser sur mes lèvres. Le train démarra & il ne me restait seulement mes larmes pour pleurer. Des hommes travaillant à la SNCF m'approchèrent & me consolèrent :
« - Mais ne t'en fais surtout pas. Il reviendra non ? Et puis des filles aussi belles que toi ne pleurent pas. »
Ils me donnèrent un chocolat chaud & puis je partis la mine amochée & mouillée par une peine non terminée. Je venais de passer une journée extraordinaire & moi j'étais là à me lamenter sur mon sort. Enfin bon, nous nous verrons tous les samedis sauf en Juin ce sera pour toujours. Je l'aime ce petit homme au c½ur d'or. A Samedi, mon ange.

# Posté le samedi 05 janvier 2008 11:06

Modifié le samedi 05 janvier 2008 16:29

Chapitre IV : Attends-moi, une dernière fois.

Je n'ai jamais autant aimé les fins de semaines, je n'ai jamais été aussi impatiente. Moi, qui à l'habitude, suis plutôt posée & patiente, j'étais devenue une personne têtue qui ne souhaitait qu'une seule chose, sa présence qui me manquait de plus en plus. Son absence prenait beaucoup trop de place. C'est fou, je suis passée de « un peu » à « passionnément » si ce n'est « à la folie ». Au bout du compte, je ne savais plus quoi faire des deux semaines qu'il me restait à vivre. Deux semaines de vacances & seulement deux jours à lui consacrer corps & âmes. Enfin bon, j'ai travaillé un peu mes partiels enfin si ça s'appelle bosser. Je n'ai vraiment pas la tête à ça, à vrai dire. Depuis le début des vacances je n'ai toujours pas revu Lila & puis Mathilde, mon ami d'enfance, qui doit venir Lundi prochain. J'ai passé un très bon Noël en famille, enfin banal, à vrai dire, chaque année la même chose. Ca n'est vraiment plus ce que c'était. J'ai été gâtée pourrie comme toujours & je ne m'en plains pas, bien au contraire. Aujourd'hui, nous sommes samedi, qui dit ce jour dit lui. Autrefois, j'aurais été déçue qu'il ne me reste plus qu'une semaine. Mais là c'est différent, je suis heureuse & cela plus que jamais. Je suis à la Gare, & je l'attends. 14h35, son train s'arrête un instant, puis redémarre. Je l'attends, Je l'attends. Une heure plus tard, toujours personne.
« Et moi, comme une conne, j'y croyais à son beau baratin sur l'amour. Ses « Je t'aime » qu'il me lançait par un simple regard, ses mots d'amour qu'il me chuchotait à l'oreille, ses messages me disant que je lui manquais & qu'il ne m'oublierait pour rien au monde. Tout ça, c'était irréel, c'était un jeu pour lui. Attendre autant de temps pour un résultat plus que médiocre, ça me donne envie de chialer. Mais cette fois-ci, je me dois d'être forte. Pour moi, histoire de ne pas m'humilier une nouvelle fois, ici. Je suis faible, faible, faible. »
Mon portable se mit à sonner. C'était Raphaël. Que veut-il me dire ? Qu'il ne m'aime plus, que de toute manière je ne pourrais rien y changer & que s'il m'appelle c'est seulement dans le but de remuer le couteau dans la plaie. Non, non, non. Je ne veux pas être confrontée à cela. Maria ne réponds en aucun cas à son appel, tu ne dois pas décrocher, ça te ferait plus que mal...
« - Allô ?
- Allô, ma puce.
- Euh oui...
- Je m'en veux terriblement, je viens de louper ce putin de train à cause d'embouteillages. Et le prochain n'est que dans deux heures. Ca n'est réellement pas plausible. J'avais décidé de consacrer mon samedi après-midi à la plus belle femme du monde & je gâche tout, comme toujours.

Des larmes de joie allèrent se poser sur mes joues, ma voix frémissait, je l'avais jugé trop vite. Je lui répondis donc :
- Oh mon c½ur, je t'attendrais. Deux heures à ne rien faire seulement à m'impatienter afin de voir l'homme de ma vie. Sache que ça n'est rien pour moi. J'ai bien attendu une semaine. Je t'aime petit chat, je t'aime.
- Je vais te laisser. J'ai déjà dépensé tout mon crédit pour toi la dernière fois, désolé. Je m'en veux, chérie. On se revoit plus tard. Pour la peine je resterai avec toi pour le dîner & en guise de cadeau je t'inviterai. Je t'aime.
- Et réciproquement. »

Le sourire me remontait jusqu'aux lèvres. Mais je ne pu le tenir lorsque je la vis assise sur ses valises en pleure. Il me semblait avoir le même âge qu'elle. Je m'approcha & lui répéta ce que l'on m'avait dit, une phrase qui m'avait réellement prise au coeur:
« - Tu ne devrais pas pleurer, une fille aussi belle que toi ne devrait pas.
Elle essuya ses larmes du revers de la main & me répondit :
- Une fille aussi généreuse & belle que toi ne devrait-elle pas être accompagnée & non seule dans une gare.
- Ne te préoccupe en aucun cas de moi.
- Je t'ai vu pleurer & écrire sur ton journal. Qu'écris-tu ?
- Des choses. Et toi que fais-tu ainsi ?
- Des choses.

On rigola en même temps. Je sentis alors que le courant allait passer entre nous. Je la questionnai :
- Comment t'appelles-tu ?
- Isis & toi ?
- Maria. Pourquoi es-tu si triste ? Je n'aime pas voir les gens pleurer. Pourtant, je suis une personne pathétique qui pleure tout le temps & pour un rien. Pourquoi pleurais-tu ? Pourquoi donc ?

Elle ne pu contenir son mépris & sa colère & me répondit :
- Il m'a largué. Il m'a laissé tombé comme une merde, ce pauvre con. Il aurait pu me le dire bien avant. J'habite à Toulouse & je venais à Nantes dans le but de le voir. J'y croyais dure comme fer à ce « nous ». Mais apparemment je n'aurais pas du. Je me retrouve ici, toute seule, à attendre ce train qui n'arrivera que dans 1h15. Quelle pauvre conne que je suis. Et lui, il me fait venir ici pour m'annoncer qu'il a une nouvelle petite amie. J'ai été conne, conne de croire que malgré la distance il aurait su tenir, surtout macho comme il est. Bon dieu, mon maquillage est foutu. Et j'ai l'air de quoi ainsi ? Hein, tu vas me le dire ?
Elle laissa s'échapper une goutte salée que j'essuyai avec mon doigt. Je lui dis alors :
- Oh, arrête. Tu es magnifique comme tu es. Il ne te vaut vraiment pas. On ne vit pas pour quelqu'un juste pour quelque chose. N'oublie cela en aucun cas. Tu me ressembles tant. J'ai l'impression de lire en toi comme dans un livre ouvert. Ca parait faux, c'est vrai. Je ne te connais pas ni rien. Mais tu m'es si semblable.
- Bon dieu, il me permettait d'être la femme que je suis. J'aimerais tant être dans un cauchemar & me réveiller afin de voir que tout cela n'est pas réel. Oh que non, moi aussi j'ai droit au bonheur au moins une fois, dieu je t'en prie.
- Attends, tu sais ce que l'on va faire ? Tu vas tranquillement déposer tes affaires dans mon appart' & nous allons faire du shopping. Rien de tel pour retrouver le sourire. Et tu reprendras le train vers 19h. D'accord ?
- Je ne sais pas ce que je ferais sans toi. Tu ne me connais pas & pourtant tu me fais confiance. Enfin bon. Merci »

Je me décidai donc à rappeler Raphaël :
« - Mon c½ur, je te propose autre chose. Tu viens à Nantes vers 19h30 & on dîne ensemble comme prévu. Le soir tu n'as qu'à rester dormir chez moi. Ok ?
- Très bien. A ce soir, mon amour.
- Je t'aime. Tu me manques.
- Je t'aime bien plus que tu ne le penses. »

Toutes deux nous lancions donc dans les rues de Nantes en quête de nouveaux tee-shirts & de slims. Je l'emmena partout & cela sans exception. Nous nous trouvions des goûts communs pour les converses ou bien les slims. Elle s'acheta un « Levi's » que j'aurais pu lui voler sans aucune hésitation. (A prendre avec humour, bien sure). C'est fou ce que l'on peut apprendre des choses sur les gens en à peine une après-midi. Désormais, elle m'était chère. Elle m'était si semblable. Je m'attache beaucoup trop vite à vrai dire & il faut le dire. Je devrais me contenir par moment. Un jour ou l'autre ça me retombera dessus & je le sais. Mais je suis ainsi & je ne pourrais jamais changer. C'est comme si tu demandais à la pluie de ne pas tomber, ou bien à Tom Cruise d'être laid. Non, non, non. Je ne changerais sûrement pas. Donc, je peux le dire : Elle fait désormais partie de moi. Un ange qui m'était tombé du ciel sans même que je m'y attende. Un bonheur bien simple mais si bon. Nous marchions dans les rues de Nantes en criant cette même phrase : « Je compte, tu comptes, nous comptons, vous comptez, ils comptent. Mais au fond, seule elle compte à mes yeux ». Elle me promettait de décrocher la lune pour moi en échange d'une amitié éternelle. Sans aucun doute, je lui donna mon approbation & lui donna une bise sur sa petite joue rougie par le froid. Il se faisait tard & avec déception je du la ramener à la gare. Son train arriva, je la serrai fort contre moi. Aucune de nous deux ne laissa sa faiblesse l'emparer. On se promit de ne jamais s'oublier, de ne pas pleurer & que l'on se reverrait quoi qu'il arriverait. Et pour finir, nous échangions nos numéros de téléphone ainsi que nos adresses électroniques. Son train quitta la gare & elle aussi. Ma journée ne s'achevait pas ici. J'attendis quelques minutes & le vit descendre avec une telle aisance. Bon dieu, j'étais tellement fière de voir que cet homme-là était le mien. Merde, j'y tiens comme à la prunelle de mes yeux. Nous nous enlacions envers & contre tout & nous nous embrassions comme toujours. Nous nous rendions donc dans un de ces restaurants où le prix fait peur à voir. Durant le trajet je lui dis tout ce que j'avais sur le c½ur :
« - Tu es mon lui. Tu es celui sans qui tout s'éteint en moi. Je pourrais te donner ma vie, mes jours pour une seule nuit. Je t'offrirais mes rêves seulement pour avoir tes lèvres posées sur les miennes. Je risquerai mon âme, mes espoirs & épuiserai mes larmes pour te voir le c½ur gai. Je te donnerai ma vie pour que tu m'aimes ne serait-ce qu'une seule nuit. J'ai vu dans ton regard ou plutôt imaginé le début d'une longue histoire. Alors oui tu es l'homme sans qui...
- Tais-toi !
- ...
- Je t'aime

Un baisé plus long que jamais.
Une fois le repas finit, nous décidions donc de nous rendre à mon appartement. C'est alors qu'il sortit une boîte & me dit :

- Voilà, ton cadeau de noël. Je ne savais pas quand te le donner. Alors le voilà.
Je l'ouvris & vis un magnifique collier argent où il y avait un pendentif où était inscrit « M&R ». Je le remercia des millions de fois & me trouvais bête de ne lui avoir rien acheté.
- Oh mon amour, tu n'aurais jamais du. Il est si beau. Je ne peux l'accepter & tu le sais.
- Bien sure que tu vas l'accepter. De plus, c'est à cause de lui que j'ai loupé mon train.

Je me mis à sourire telle une petite idiote & me mis à chanter une chanson qui me tenait à c½ur :
- On s'est connu, on s'est reconnu, on s'est perdu de vue, on s'est reperdu de vue, on s'est séparé & puis on s'est réchauffé.
Il me fit tournailler dans les aires telle une petite colombe puis ajouta en chantant :
- Je me suis saoulé en l'écoutant, l'alcool fait oublier le temps. Je t'aime.»
Une soirée ou plutôt une journée qui s'achève en beauté. Avant de rentrer chez moi, nous préférions errer main dans la main dans les rues de Nantes.
















DESORMAIS JE VOUS POSERAI 3 QUESTIONS A LA SUITE DE MON CHAPITRE AUX QUELLES VS POURREZ REPONDRE :) :
* QUELLE SUITE IMAGINEZ VOUS POUR LE CHAPITRE 5 XD
* QUEL POINT DE VUE EXPRIMEZ-VOUS SUR L'AMOUR DES DEUX TOURTEREAUX
* QUE PENSERIEZ VOUS SI JE FAISAIS UN BLOG CONCOUR DANS LEQUEL VOUS POURRIEZ ECRIRE DES NOUVELLES ? (QUESTION NULLE A IECHH XD)


DESOLEE POUR LE MOMENT C'EST EN PAUSE.
P-E EST-CE DU A UNE SUITE D'ECHEC ? AMIS QUI TE LAISSENT TOMBER, CA CASSE TOUT.
MES IDEES FLANCHENT TJS A CAUSE DE LUI* MAIS C PAS DE SA FAUTE AUSSI XD.
BESOIN DE VOUS_ MERDOUILLE XD

# Posté le samedi 05 janvier 2008 19:40

Modifié le dimanche 13 janvier 2008 10:21